Voici la troisième partie de ce triptyque de conférences autour de l’imaginaire carnavalesque. Elle porte logiquement sur le Carnaval proprement dit.
Le Carnaval est généralement défini comme une fête rituelle de travestissement, d’abondance alimentaire et de libations et dont la date, de nos jours, est relativement variable : généralement entre l’épiphanie et le mercredi des Cendres. D’où l’interprétation courante de Carnaval : c’est une fête préparatoire au Carême. D’où encore l’interprétation de son étymologie : Carne levare, signifiant littéralement « enlever la viande », s’impose sans choquer… alors même que Carnaval est une période d’abondance de viande, et particulièrement de cochonnailles ! (Jetez un œil sur l’affiche ci-dessus : Brueghel personnifie carnaval en ce personnage rond (enflé) visiblement amateur de viande porcine !)

Il est important de mettre les définitions usuelles de Carnaval à distance. En réalité, Carnaval peut être envisagé de deux façons différentes :
Une première, restreinte : c’est une fête qui va trouver sa place à Mardi-Gras, éventuellement et également les dimanche et lundi gras.
Une seconde, plus large : Carnaval va commencer dès Noël. Il y a en effet toute une série de fêtes entre Noël et Mardi-Gras qui ne vont avoir de sens que dans le cadre d’une longue préparation Carnavalesque dont le sommet est Mardi-Gras.
Mardi-gras, fête mobile, est l’un des nœuds de cette histoire. Et la détermination de la date de Mardi-Gras nous mettra sur les pistes des origines de Carnaval. L’on croisera dans ce cheminement des pâtisseries lunaires, des gâteaux flatulents, des géants rabelaisiens et des ours sous la lune.
Cette conférence s’appuie principalement sur les travaux passionnants du folkloriste Claude Gaignebet ainsi que sur nos propres travaux sur l’imaginaire de la peur et le temps angoissé.


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